Bitcoin en septembre : la légende du « Rektember » face aux chiffres

Après un mois d’août jugé exceptionnel, le bitcoin aborde septembre sous surveillance. La cryptomonnaie a repris plus de 20 % de sa valeur en quatre semaines, avant qu’un vieux surnom de trader ne revienne sur toutes les lèvres : le « Rektember ». Entre statistiques historiques et calendrier réglementaire chargé aux États-Unis, la rentrée s’annonce déterminante pour l’ensemble du marché des cryptomonnaies.

Un mois d’août à contre-courant

Mi-août, le bitcoin était pourtant tombé sous les 65 000 dollars, plombé par des sorties massives des ETF américains. Le scénario s’est ensuite inversé : porté par un retour des achats institutionnels, l’actif a regagné près de 25 % sur le mois, l’une de ses meilleures performances mensuelles de l’année, avant de se stabiliser autour de 77 000 à 81 000 dollars début septembre. Selon les données de SoSoValue, les ETF bitcoin au comptant américains ont, à eux seuls, capté 3,52 milliards de dollars de souscriptions nettes sur le mois d’août.

Ce rebond a permis de réduire sensiblement les pertes accumulées depuis janvier, revenues à un peu plus de 10 % contre près de 30 % fin juillet. De quoi redonner un peu d’air à un marché souvent chahuté cette année, comme le rappelait déjà notre analyse du blocage réglementaire américain observé fin juillet.

« Rektember », une réputation à nuancer

Dans le jargon des salles de marché, septembre porte un surnom peu flatteur : contraction de « September » et de « rekt » (l’argot pour une perte sèche), le « Rektember » désigne la tendance du bitcoin à mal se comporter à cette période de l’année. Une réputation à relativiser : les trois derniers mois de septembre se sont en réalité tous soldés par une hausse. Le contexte 2026 est lui-même à double tranchant, entre la hausse des taux obligataires et les incertitudes sur la politique de la Réserve fédérale d’un côté, et la demande persistante des ETF de l’autre.

Un calendrier réglementaire chargé outre-Atlantique

Le sort du marché ne dépendra pas que des chiffres. Au Congrès américain, le CLARITY Act, texte censé fixer un cadre clair de répartition des compétences entre régulateurs pour les actifs numériques, reste en délibération au Sénat, sans certitude sur son adoption avant la fin de l’année. En parallèle, le régulateur boursier américain (SEC) a publié fin août au Federal Register un projet baptisé « Regulation Crypto Assets », qui ouvrirait une voie allégée pour certaines offres de jetons : les exemptions envisagées seraient plafonnées à 5 millions de dollars sur quatre ans, ou 75 millions sur douze mois. La consultation publique reste ouverte jusqu’au 20 octobre.

Cette clarification progressive du cadre américain tranche avec l’approche européenne, où la fin de la période transitoire du règlement MiCA a déjà rebattu les cartes pour les plateformes actives en France.

Et du côté des acteurs plus traditionnels ?

Le mouvement dépasse les seuls traders spécialisés. Des institutions jusqu’ici prudentes s’y intéressent désormais très concrètement : le fonds souverain luxembourgeois a par exemple placé 1 % de ses actifs dans un ETF bitcoin, une première en zone euro. En France, l’écart reste cependant marqué entre notoriété et usage réel : la grande majorité des Français connaissent le bitcoin, mais très peu en détiennent, un décalage que la clarification réglementaire en cours pourrait, à terme, contribuer à réduire.

Ce qu’il faut retenir

  • Le bitcoin a regagné environ 25 % en août, l’une de ses meilleures performances mensuelles de l’année.
  • Les ETF bitcoin américains ont capté 3,52 milliards de dollars de souscriptions nettes sur le seul mois d’août.
  • Le surnom « Rektember » ne s’est pas vérifié lors des trois dernières années.
  • Le CLARITY Act et le projet « Regulation Crypto Assets » de la SEC sont les deux dossiers réglementaires à suivre aux États-Unis.
  • Des acteurs institutionnels, comme le fonds souverain du Luxembourg, renforcent leur exposition via des ETF.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le « Rektember » ?

C’est un surnom donné par les traders au mois de septembre, historiquement considéré comme une période difficile pour le bitcoin. Les trois dernières éditions ont pourtant été positives.

Pourquoi le bitcoin a-t-il autant progressé en août ?

Le rebond s’explique principalement par un retour des achats institutionnels via les ETF au comptant, après une phase de sorties de capitaux à la mi-août.

Le CLARITY Act va-t-il être adopté en 2026 ?

Rien n’est acquis : le texte reste en délibération au Sénat américain et son calendrier d’adoption n’est pas garanti avant la fin de l’année.

Sources

Bitcoin.com News —
BTCC Academy —
Crypto.news

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Martina
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