Chômage des jeunes en France : un taux au plus haut depuis la crise sanitaire

Le chômage des jeunes en France atteint un niveau qu’on n’avait plus observé depuis la crise sanitaire. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, le taux de chômage des 15-24 ans a bondi à 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,4 point sur trois mois et de 2,5 points sur un an. Un signal alarmant pour tous ceux qui accompagnent l’insertion professionnelle des jeunes actifs, alors que le taux de chômage global poursuit lui aussi sa progression.

Une sixième hausse trimestrielle consécutive

Au global, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s’établit désormais à 8,3 % de la population active, soit 0,2 point de plus qu’au premier trimestre. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis l’automne 2020, et surtout du sixième trimestre de hausse consécutive. La France compte désormais près de 2,7 millions de personnes sans emploi au sens du BIT, soit environ 62 000 de plus qu’il y a trois mois seulement.

Si la dégradation touche l’ensemble des tranches d’âge, ce sont les plus jeunes qui encaissent le choc le plus rude. Avec un taux frôlant les 22 %, plus d’un jeune actif sur cinq cherchant un emploi ne parvient pas à en trouver un, un rythme de progression bien plus rapide que celui du reste de la population active.

Le casse-tête de l’insertion professionnelle

Cette dégradation intervient alors que les entreprises se montrent globalement plus prudentes dans leurs recrutements, en particulier sur les premiers postes en CDI, souvent réservés à des profils déjà expérimentés. Les jeunes diplômés ou peu qualifiés se retrouvent en première ligne, coincés entre un marché du travail qui se resserre et des dispositifs de formation qui peinent parfois à s’ajuster aux besoins réels des recruteurs.

Les acteurs publics de l’emploi et de la formation rappellent que plusieurs leviers existent déjà pour limiter la casse : contrats d’apprentissage, missions locales, accompagnement renforcé vers les métiers en tension comme la santé, le numérique ou le bâtiment. Mais l’efficacité de ces outils dépend largement de leur bonne diffusion auprès des jeunes les plus éloignés de l'emploi, notamment ceux qui ne sont ni en études, ni en formation, ni en activité.

Des disparités selon les territoires et les filières

Comme lors des précédents cycles de hausse du chômage, l’impact n’est pas homogène sur le territoire. Les bassins d'emploi déjà fragilisés par des fermetures industrielles ou une offre de formation limitée voient généralement les jeunes actifs plus durement touchés que dans les grandes métropoles, où l’offre d'emplois reste plus diversifiée. Les filières professionnalisantes et l’alternance continuent toutefois d’afficher de meilleurs taux d’insertion que les parcours purement académiques, un argument régulièrement mis en avant par les centres de formation.

Questions fréquentes

Pourquoi le chômage des jeunes augmente-t-il plus vite que la moyenne ?

Les jeunes actifs, souvent moins expérimentés, sont les premiers concernés par le ralentissement des embauches en CDI. Ils occupent aussi davantage de contrats courts, plus sensibles aux variations de la conjoncture économique.

Le taux de chômage global va-t-il continuer à augmenter ?

Les données disponibles montrent une tendance haussière depuis six trimestres. Aucune projection chiffrée fiable ne permet à ce stade d’anticiper une inversion à court terme ; il s’agit d’une hypothèse et non d’un fait établi.

Quels dispositifs existent pour aider les jeunes à trouver un emploi ?

L’apprentissage, les missions locales, les contrats aidés et l’accompagnement vers les secteurs en tension (santé, numérique, bâtiment) figurent parmi les principaux leviers mobilisés par les pouvoirs publics et les acteurs de la formation professionnelle.

Ce ralentissement du marché du travail s’inscrit dans un contexte économique plus large, marqué par des arbitrages budgétaires serrés et une prudence persistante des entreprises, deux sujets suivis de près par les lecteurs intéressés par l’économie française. Les prochains chiffres de l’Insee, attendus à l’automne, permettront de savoir si cette dégradation se poursuit ou si les mesures d’accompagnement à l’emploi commencent à porter leurs fruits.

Sources

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Malik Diouf
Malik Diouf
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