Sous la canopée qui fait face au site emblématique du Machu Picchu, des archéologues viennent de mettre au jour un vestige resté invisible pendant des siècles : un réseau de plus de 2,5 kilomètres de chemins incas, enfoui sous la végétation dense de la vallée. Une découverte rendue possible non pas par une fouille classique, mais par un survol au laser, illustration parfaite de la manière dont la technologie transforme aujourd’hui l’archéologie.
Un balayage laser qui traverse la forêt
La technique employée s’appelle le LiDAR : un scanner laser embarqué sur un drone, capable d’envoyer des millions d’impulsions lumineuses vers le sol. En mesurant le temps de retour de chaque impulsion, les chercheurs reconstituent un modèle en trois dimensions du terrain, y compris ce qui se cache sous une épaisse canopée. C’est ainsi que des spécialistes de la Direction de la Culture de Cusco, épaulés par des chercheurs de l’université de Varsovie, ont repéré un réseau de pierres organisées bien plus vaste qu’imaginé dans le secteur de la muraille de Mandor, au sein du parc archéologique de Machu Picchu.
L’un des tronçons identifiés s’étend sur environ 1,2 kilomètre en direction du sud, où il pourrait rejoindre des structures déjà répertoriées. Les équipes ont également confirmé l’existence d’enceintes circulaires déjà connues et localisé de nouvelles plateformes, jusqu’ici totalement dissimulées par la forêt.
Un chemin qui n’avait rien d’anodin
Selon les premières hypothèses des chercheurs, ce tracé n’aurait pas eu une simple fonction de circulation. Sa direction et sa position suggèrent un usage rituel, en lien avec le Yanantin, une montagne considérée comme sacrée par les Incas et culminant à plus de 4 100 mètres d’altitude. Une donnée qui vient enrichir la compréhension du rapport que la civilisation inca entretenait avec le paysage montagneux environnant le Machu Picchu, bien au-delà des seules constructions visibles du site.
Les autorités péruviennes annoncent la prochaine étape : une prospection physique sur le terrain, prévue entre la fin de cette année et le début de la suivante, une fois les autorisations nécessaires obtenues. Objectif : confirmer sur place ce que le laser a révélé à distance, sans endommager un site classé au patrimoine mondial de l’humanité et déjà soumis à une forte pression touristique.
Le LiDAR, un outil qui redéfinit l’archéologie
Ce type de découverte n’est pas isolé. Ces dernières années, le LiDAR a permis de révéler des cités mayas englouties par la jungle, des réseaux urbains cambodgiens ou encore des fortifications européennes disparues. La méthode séduit parce qu’elle est non invasive : elle ne nécessite ni fouille ni déplacement de terre pour livrer une cartographie précise de vestiges enfouis. Un principe qui n’est d’ailleurs pas si éloigné de la manière dont, dans un tout autre domaine, un outil comme l’intelligence artificielle repère aujourd’hui des départs de feux de forêt en quelques secondes à partir de capteurs à distance : détecter l’invisible, avant même d’intervenir sur le terrain. Un signe, aussi, que la tendance est bien à des objets et outils connectés toujours plus discrets, à l’image des bagues connectées qui séduisent de plus en plus de Français.
Plus largement, cette découverte illustre la place croissante que prennent les outils numériques dans des secteurs qui semblaient jusqu’ici éloignés de la haute technologie. De la même façon que l’intelligence artificielle vient aujourd’hui épauler des professionnels de santé confrontés à la pénurie de spécialistes, le LiDAR démultiplie les capacités d’observation d’équipes d’archéologues qui ne pourraient matériellement pas explorer à pied chaque recoin d’une forêt de montagne.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 2,5 km de chemins incas identifiés près du Machu Picchu, restés invisibles jusqu’ici sous la végétation
- Découverte réalisée par LiDAR aéroporté, sans aucune fouille physique
- Un tracé qui pourrait avoir eu une fonction rituelle, lié à une montagne sacrée
- Une prospection sur le terrain est prévue fin 2026 – début 2027 pour confirmer les données
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la technologie LiDAR ?
Le LiDAR est un système de télédétection par laser, souvent embarqué sur un drone ou un avion, qui permet de cartographier précisément un terrain en trois dimensions, y compris sous une végétation dense qui masquerait les vestiges à l’œil nu.
Le site du Machu Picchu va-t-il changer ?
Pas dans l’immédiat : la zone concernée se trouve dans le parc archéologique, mais à l’écart du site touristique principal. Une prospection physique doit encore confirmer les données avant toute valorisation éventuelle.
D’autres sites ont-ils déjà été révélés grâce au LiDAR ?
Oui, cette technologie a notamment permis ces dernières années de révéler d’importants réseaux urbains dissimulés par la jungle en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est, changeant profondément la compréhension de certaines civilisations anciennes.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale