La fraude au paiement en ligne recule enfin en France, mais pas pour tout le monde. Selon le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France), le taux de fraude sur les achats par carte sur internet a été divisé par deux en cinq ans. Une bonne nouvelle pour les boutiques en ligne, tempérée par la persistance de zones à risque bien identifiées : vente entre particuliers, paiement fractionné et escroqueries par manipulation.
Une fraude par carte en recul historique
Le taux de fraude sur les paiements par carte atteint désormais un plancher historique de 0,0472 % toutes transactions confondues, contre 0,0531 % un an plus tôt. Sur le seul canal des achats en ligne, le taux tombe à 0,124 %, contre près de 0,25 % en 2020 : un repli de moitié en cinq ans. En valeur, la fraude par carte s’établit à 475 millions d’euros, en baisse de 8,6 % sur un an. Les paiements en ligne représentent toujours 70 % de la fraude par carte, pour seulement 25 % du volume des transactions, preuve que le canal reste le plus exposé malgré les progrès de l’authentification renforcée.
Les secteurs qui restent dans le viseur des fraudeurs
Tous les commerces en ligne ne sont pas logés à la même enseigne. Trois catégories concentrent un risque nettement supérieur à la moyenne nationale de 0,072 % :
- Produits techniques et culturels (informatique, hi-fi, photo, électroménager) : 0,156 %, soit 2,2 fois la moyenne ;
- Vente entre particuliers et recharge de compte : 0,114 %, soit 1,6 fois la moyenne ;
- Jeux et paris en ligne : 0,096 %, soit 1,3 fois la moyenne.
Le paiement fractionné (BNPL) affiche quant à lui un taux de fraude de 1,53 %, soit plus de trente fois supérieur à celui de la carte bancaire classique. À l’inverse, l’assurance reste le secteur le plus sûr, avec seulement 0,035 % de fraude constatée.
La manipulation, nouveau front de la fraude
Si la fraude technique sur carte recule, un autre phénomène explose : la fraude par manipulation, où la victime elle-même autorise l’opération sous un faux prétexte. Faux conseiller bancaire, faux service anti-fraude, fraude au président, substitution d’IBAN : ces techniques représentent désormais 41,6 % du montant total de la fraude, soit 516 millions d’euros, en hausse de 34 % en un an et de 43 % depuis 2021. Les virements, bien plus que la carte, concentrent ce risque : ils représentent désormais 39 % de la fraude totale, contre 30 % auparavant.
Ce que cela change pour les acheteurs en ligne
Cette évolution rejoint un mouvement de fond déjà observé dans la rubrique Finance – Economie ces derniers mois : le paiement en plusieurs fois sans frais s’est généralisé chez les e-commerçants, au moment même où le paiement fractionné devient l’un des moyens les plus détournés par les fraudeurs. Le durcissement des nouvelles règles encadrant les boutiques en ligne vise justement à mieux protéger les acheteurs sur ces usages émergents, tout comme la récente réforme du crédit à la consommation, qui renforce les obligations d’information avant tout engagement financier en ligne.
Les bons réflexes avant de payer en ligne
- Vérifier l’identité du vendeur avant tout achat ou vente entre particuliers, surtout hors plateforme sécurisée ;
- Se méfier de tout appel ou SMS demandant une validation d’urgence « pour bloquer une fraude » : c’est souvent la fraude elle-même ;
- Lire les conditions d’un paiement fractionné avant de l’activer, et vérifier les pénalités en cas de retard ;
- Privilégier les sites affichant une authentification forte (3D Secure) au moment du paiement.
Questions fréquentes
La fraude au paiement en ligne a-t-elle vraiment baissé en France ?
Oui : selon la Banque de France, le taux de fraude sur les achats par carte sur internet a été divisé par deux depuis 2020, grâce notamment à la généralisation de l’authentification renforcée.
Quels sont les achats en ligne les plus risqués ?
Les produits techniques et culturels, la vente entre particuliers et les jeux/paris en ligne affichent les taux de fraude par carte les plus élevés, tous supérieurs à la moyenne nationale.
Le paiement en plusieurs fois est-il dangereux ?
Il n’est pas dangereux en soi, mais son taux de fraude constaté (1,53 %) est nettement supérieur à celui de la carte classique : mieux vaut l’activer uniquement auprès d’enseignes connues et lire les conditions avant de valider.
Sources
- La Finance pour Tous — Les fraudes par manipulation en forte hausse
- JeChange.fr — Achat par carte en ligne : la fraude s’effondre de 50 %
- Fevad — Panorama annuel 2026 de la fraude en France
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale