MiCA : seulement 3 des 50 plus gros stablecoins conformes en Europe

Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), censé encadrer les émetteurs de stablecoins depuis fin 2024, montre ses limites : début août 2026, seuls 3 des 50 plus importants stablecoins mondiaux sont recensés comme pleinement conformes à la réglementation européenne. Un chiffre qui interroge sur l’efficacité réelle du dispositif, un an et demi après son entrée en application.

Ce que dit la réglementation MiCA

Le règlement MiCA distingue deux catégories de stablecoins : les « tokens de monnaie électronique », adossés à une seule devise, et les « tokens référencés à des actifs », adossés à un panier de devises ou d’actifs. Dans les deux cas, l’émetteur doit obtenir un agrément d’établissement de monnaie électronique ou d’établissement de crédit auprès d’un régulateur européen pour pouvoir être distribué légalement dans l’Union européenne.

Pourquoi si peu d’émetteurs sont conformes

La procédure d’agrément impose des obligations lourdes : réserves d’actifs liquides équivalentes à la valeur des tokens en circulation, reporting régulier auprès du régulateur, et limites strictes sur les volumes de transactions pour les stablecoins les plus utilisés. De nombreux émetteurs, notamment ceux basés hors de l’Union européenne, n’ont pas encore engagé les démarches ou peinent à répondre à ces exigences dans les délais.

Conséquences pour les utilisateurs européens

  • Les plateformes d’échange opérant en Europe doivent progressivement retirer les stablecoins non conformes de leur offre, ou en restreindre l’accès aux résidents européens.
  • Les utilisateurs détenant des stablecoins non agréés s’exposent à une perte d’accès à ces actifs via les plateformes réglementées, sans que la valeur du token soit nécessairement affectée.
  • À partir du 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 impose par ailleurs aux prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) de transmettre à l’administration fiscale française le détail des transactions de leurs utilisateurs, renforçant la traçabilité fiscale de l’ensemble du secteur.

Un mouvement de fond, pas un cas isolé

Cette situation illustre un basculement plus large de la régulation des cryptoactifs en 2026 : au-delà de MiCA, un décret est attendu en France pour garantir qu’en cas de faillite d’une plateforme, les cryptomonnaies des utilisateurs restent leur propriété, à l’image des protections déjà en vigueur pour les dépôts bancaires classiques. De quoi rassurer une partie des épargnants, tout en resserrant l’étau réglementaire sur les acteurs les moins transparents.

Pour les particuliers, l’enjeu dépasse la seule conformité des plateformes : la fiscalité des plus-values reste soumise au prélèvement forfaitaire unique, avec un taux global de 31,4 %, quel que soit le stablecoin ou la cryptomonnaie détenue. Un point à surveiller pour qui suit également l’actualité finance et économie ou la high-tech numérique liée aux nouvelles réglementations technologiques.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un stablecoin conforme à MiCA ?

C’est un stablecoin dont l’émetteur a obtenu un agrément d’établissement de monnaie électronique ou de crédit auprès d’un régulateur européen, avec des réserves d’actifs suffisantes pour couvrir les tokens émis.

Que risque un utilisateur détenant un stablecoin non conforme ?

Il risque de perdre l’accès à ce stablecoin via les plateformes réglementées européennes, sans que cela affecte nécessairement sa valeur intrinsèque.

La fiscalité des cryptomonnaies a-t-elle changé en 2026 ?

Le principe reste le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les plus-values des particuliers, mais la directive DAC8 renforce désormais la transmission d’informations aux administrations fiscales par les prestataires.

Sources

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Martina
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