Le placement préféré des Français traverse une année exceptionnelle. Selon les données consolidées par France Assureurs, l’ACPR et le Cercle de l’Épargne, la collecte nette en assurance-vie atteint 36,5 milliards d’euros sur le premier semestre 2026 : le deuxième meilleur résultat jamais enregistré, juste derrière le record historique de 2006 (40,2 milliards d’euros).
Ce niveau de collecte s’explique par des versements en nette accélération : 108,8 milliards d’euros de cotisations brutes ont été enregistrés sur les six premiers mois de l’année, contre 97,7 milliards en 2025, 92,7 milliards en 2024 et 81,1 milliards en 2023 sur la même période. La progression est continue depuis trois ans, et 2026 marque une nette accélération.
Les unités de compte tirent la collecte
La vraie nouveauté de cette année tient à la répartition des flux. Sur les 36,5 milliards d’euros de collecte nette du semestre, 27,5 milliards proviennent des unités de compte (75 % du total), contre 8,9 milliards pour les fonds en euros (25 %). Ce rapport s’est totalement inversé par rapport à la décennie précédente, où les fonds euros dominaient largement les arbitrages des épargnants prudents.
Le mois de juin a d’ailleurs battu un record : 6,7 milliards d’euros de collecte nette, la meilleure performance jamais observée pour ce mois depuis le début des séries statistiques. Février (7,1 milliards) et mars (6 milliards) avaient déjà donné le ton en début d’année. Résultat, l’encours total du marché atteint 2 162 milliards d’euros à fin juin 2026, en hausse de 6 % sur un an — un montant qui dépasse largement le budget annuel de l’État français.
Pourquoi les épargnants reviennent vers les unités de compte
- Le rendement moyen des fonds euros, autour de 2,9 % attendu pour 2026, reste correct mais peine à suivre l’appétit des épargnants pour des perspectives de performance plus élevées.
- La remontée progressive des taux d'emprunt de l’État français a rendu les marchés obligataires et actions plus attractifs pour les contrats en unités de compte.
- Après la hausse du taux du Livret A à 1,70 % en août 2026, l’écart de rendement avec l’assurance-vie s’est encore creusé en défaveur de l’épargne réglementée, ce qui pousse une partie des ménages à réorienter leur épargne de précaution vers des supports plus dynamiques.
Ce mouvement de fond intervient alors que le marché du crédit immobilier reste sous surveillance : une partie de l’épargne longue continue d’arbitrer entre placements financiers et projets immobiliers selon l’évolution des taux à la rentrée.
Ce qu’il faut retenir pour les épargnants
Miser davantage sur les unités de compte suppose d’accepter une part de risque de perte en capital, contrairement aux fonds euros qui restent garantis. Les professionnels du secteur recommandent généralement de ne pas dépasser, en unités de compte, la part que l’on est prêt à voir fluctuer sur plusieurs années. Pour approfondir les arbitrages liés à l’épargne réglementée, notre rubrique Finance – Economie suit ces évolutions au fil des publications officielles.
Questions fréquentes
Pourquoi la collecte d’assurance-vie est-elle si élevée en 2026 ?
Elle combine des versements bruts en forte hausse (108,8 milliards d’euros au premier semestre) et un regain d’intérêt pour les unités de compte, plus rémunératrices que les fonds euros dans le contexte actuel des taux.
Les unités de compte sont-elles plus risquées que les fonds en euros ?
Oui : contrairement aux fonds euros, le capital investi en unités de compte n’est pas garanti et peut varier à la hausse comme à la baisse selon les marchés financiers.
Le Livret A reste-t-il intéressant face à l’assurance-vie ?
Le Livret A conserve l’avantage de la disponibilité immédiate et de l’absence de fiscalité, mais son taux de 1,70 % depuis août 2026 reste inférieur au rendement moyen des fonds euros et très inférieur à celui des unités de compte sur longue période.
Sources
- Club Patrimoine — Collecte d’assurance-vie 2026
- L’Argus de l’Assurance — Collecte 2026
- Weelim — Recomposition de la collecte au T1 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale