Depuis la rentrée 2026, les règles du jeu de la formation professionnelle se resserrent en France. Nouveaux critères de financement chez France Travail, réforme des plafonds sur le Compte Personnel de Formation, fin de certaines aides à la validation des acquis de l’expérience : plusieurs textes entrés en vigueur ces dernières semaines redessinent en profondeur le marché de l'emploi et de la formation pour les demandeurs d'emploi et les salariés en reconversion.
France Travail resserre ses critères de financement
Depuis le 1er septembre 2026, France Travail n’accepte plus de financer une formation que si elle remplit cumulativement six critères vérifiables : une finalité professionnelle démontrée, un ancrage à un référentiel reconnu, un lien direct avec un métier ou un secteur en tension, des compétences mesurables à l’issue du parcours, une reconnaissance certifiante ou qualifiante vérifiable, et une information transparente affichée dès l’inscription. Les organismes qui ne peuvent justifier ces six points voient leurs stages retirés du catalogue consultable par les demandeurs d'emploi. L’objectif affiché est de resserrer le financement public autour de formations qui débouchent réellement sur un emploi, dans un cadre réglementaire de plus en plus strict, alors que le chômage reste élevé et le recrutement sous tension dans plusieurs secteurs.
Compte Personnel de Formation : des plafonds désormais différenciés
Le CPF continue lui aussi d’évoluer. La participation financière demandée à chaque titulaire pour mobiliser son compte reste fixée à 150 euros. La loi de finances 2026, entrée en application le 26 février dernier, a par ailleurs différencié les plafonds de prise en charge selon le type de formation : aucun plafond pour les formations inscrites au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un plafond de 1 500 euros pour les certifications du répertoire spécifique (à l’exception du socle CléA), 1 600 euros pour un bilan de compétences avec un délai de carence de cinq ans entre deux financements, et 900 euros maximum pour le permis B, réservé aux demandeurs d'emploi et aux salariés avec un cofinancement minimum de 100 euros. Le permis poids lourd, lui, reste sans plafonnement. Ces ajustements s’inscrivent dans le prolongement des arbitrages budgétaires qui redessinent chaque année le financement de la formation.
Autre échéance à retenir pour les organismes de formation : la déclaration de sous-traitance devient obligatoire pour tous, même sans sous-traitant, avant le 30 septembre 2026, et la déclaration des blocs de compétences sur Mon Compte Formation devient elle aussi obligatoire avant le 22 octobre 2026, sous peine de suspension du référencement.
Reconversion et VAE : de nouveaux repères
Créée par la loi du 24 octobre 2025 et précisée par deux décrets publiés le 31 janvier 2026, la période de reconversion professionnelle prend progressivement le relais de plusieurs dispositifs jugés trop complexes. Le financement moyen pris en charge par les opérateurs de compétences est fixé à environ 5 000 euros par parcours, sur la base d’un taux horaire réglementaire par défaut de 9,15 euros. Un sujet qui concerne un public toujours plus large : selon les données récentes de France Compétences et des Dreets, près d’un actif sur deux envisage aujourd’hui de changer de métier à un moment de sa carrière.
Côté validation des acquis de l’expérience, France Travail a mis fin à son aide financière dédiée à la VAE le 8 mai 2026, mais le financement via le Compte Personnel de Formation reste accessible aux demandeurs d'emploi qui engagent cette démarche. Un décret du 27 juillet 2026 a par ailleurs instauré un forfait de 2 000 euros pour financer une VAE via les associations Transitions Pro, dans le cadre d’un projet de transition professionnelle.
Alternance : un budget resserré
L’apprentissage n’échappe pas non plus aux arbitrages budgétaires. La loi de finances 2026 prévoit une réduction de plus d’un milliard d’euros sur les aides à l’alternance, avec un recentrage sur les niveaux de qualification les plus faibles. Les aides versées aux centres de formation d’apprentis sont désormais proportionnelles à la durée réelle du contrat, et l’aide forfaitaire de 500 euros pour le permis B des apprentis a été supprimée. Des aides exceptionnelles à l'embauche d’apprentis, révisées le 8 mars 2026 selon le niveau de diplôme et la taille de l’entreprise, restent toutefois en vigueur pour soutenir les employeurs.
Ce qu’il faut retenir
- France Travail applique depuis le 1er septembre 2026 six critères cumulatifs pour financer une formation.
- Le reste à charge du CPF reste fixé à 150 euros, avec des plafonds désormais différenciés selon le type de formation.
- La période de reconversion professionnelle, encadrée depuis janvier 2026, prend le relais des anciens dispositifs.
- Le budget de l’alternance recule de plus d’un milliard d’euros, avec des aides recentrées sur les qualifications les plus fragiles.
Questions fréquentes
Quels sont les six critères désormais exigés par France Travail pour financer une formation ?
Il s’agit d’une finalité professionnelle démontrée, d’un ancrage à un référentiel vérifiable, d’un lien direct avec un métier ou un secteur, de compétences mesurables, d’une reconnaissance certifiante et d’une information transparente affichée dès l’inscription.
Le reste à charge du CPF a-t-il encore augmenté en 2026 ?
Non, la participation demandée reste fixée à 150 euros ; ce sont surtout les plafonds de prise en charge par type de formation qui ont été précisés par la loi de finances 2026.
Peut-on encore financer une VAE avec le CPF ?
Oui. France Travail a mis fin à son aide spécifique le 8 mai 2026, mais le Compte Personnel de Formation continue de pouvoir financer une VAE, tout comme un forfait dédié via les associations Transitions Pro.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale