Le marché français du bricolage et du jardinage a reculé de 2,7 % en 2025, à 32,5 milliards d’euros, selon le bilan annuel de l’institut NielsenIQ repris par l’AFP. Un chiffre qui confirme un climat de prudence budgétaire généralisé. Mais derrière cette moyenne nationale, certains rayons affichent une santé insolente, pendant que d’autres s’effondrent — de quoi dresser un tableau bien plus nuancé que le simple constat d’une crise du secteur.
Un marché global en repli, mais très inégal selon les rayons
Le bricolage pèse 24,2 milliards d’euros (-3,2 %), un repli moins marqué qu’en 2024 (-6 %). Le jardin résiste un peu mieux avec 8,3 milliards d’euros (-1,1 %). En cause : neuf ménages français sur dix déclarent avoir réduit leurs dépenses en 2025, l’équipement de la maison figurant parmi les postes les plus rognés.
Les vainqueurs inattendus du jardin
Certains produits échappent totalement à la morosité ambiante :
- Les tondeuses robots progressent de 8,4 % (+66 % en trois ans) ;
- Les pièges à moustiques bondissent de 14 % ;
- Les fours à pizza d’extérieur explosent de 72 % ;
- Les braseros ont vu leurs ventes multipliées par 40 en deux ans, même si les volumes restent encore modestes ;
- L’arrosage et les amendements du sol progressent chacun de 8 %, un choix cohérent avec les restrictions d’eau qui contraignent désormais les jardiniers une bonne partie de l’année.
Côté maison : chauffage et sécurité tirent leur épingle du jeu
Le chauffage et la climatisation bondissent de 18,2 %, les systèmes d’alarme affichent une forte croissance, et les revêtements prêts à poser se maintiennent bien. Des achats qui répondent moins à l’envie qu’à la nécessité, dans un contexte de confort thermique devenu prioritaire.
Ce qui recule franchement
À l’inverse, les graines poursuivent leur déclin, les bottes de jardin chutent de 16 %, l’outillage recule de 10,7 %, et la décoration reste installée dans une baisse durable — un repli qui tranche avec l’effervescence habituelle des salons professionnels de la rentrée dédiés au design intérieur. Même les barbecues classiques, pourtant portés par une météo favorable, ne parviennent pas à rebondir.
Où les Français achètent désormais
Sur le bricolage, les grandes surfaces spécialisées conservent 62 % du marché et résistent mieux que la moyenne. Sur le jardin, la tendance s’inverse : jardineries et e-commerce (+5,5 %) surperforment, tandis que les grandes surfaces reculent deux fois plus vite que l’ensemble du secteur. Le commerce en ligne progresse de 8,9 % en France, devant le Royaume-Uni (+6,9 %) et l’Italie (+0,9 %) — mais la France reste en retrait sur l’outillage électroportatif, vendu en ligne à 40,1 %, contre 50 % en Allemagne.
Occasion, location, marques distributeur : les nouveaux réflexes
Les Français arbitrent aussi leurs achats autrement : la part de la seconde main progresse de 2,9 % à 3,4 % en volume, la location séduit 31 % des sondés et le reconditionné 37 %. Les marques distributeur poursuivent leur progression, à 34,7 % du marché du jardin et 41,4 % de celui du bricolage.
Et pour 2026 ?
NielsenIQ anticipe une croissance quasi nulle pour l’année à venir. Les priorités des ménages iraient à la décoration intérieure (34 % d’intentions) et à la rénovation de salle de bains ou de cuisine (27 %), loin devant les gros travaux (19 %), l’isolation (17 %) ou le changement de chauffage (15 %) — des arbitrages qui rejoignent ceux déjà observés dans l’étude consacrée au budget des Français pour leurs extérieurs. Pour les enseignes de décoration et de design comme pour les acteurs du commerce et de la consommation, l’enjeu sera de convaincre des ménages devenus très sélectifs.
Questions fréquentes
Le marché du bricolage et du jardin est-il vraiment en crise ?
Non, pas uniformément. Le marché recule globalement de 2,7 % en valeur, mais plusieurs catégories comme les tondeuses robots, les fours à pizza ou l’arrosage affichent une croissance à deux chiffres.
Pourquoi les tondeuses robots et les fours à pizza se vendent-ils autant ?
Ces produits répondent à une recherche de confort et de praticité au jardin, un budget que les ménages semblent préserver même quand ils réduisent leurs dépenses ailleurs, notamment sur l’outillage ou la décoration.
Que va-t-il se passer en 2026 pour ce marché ?
NielsenIQ prévoit une stabilisation, avec une croissance proche de zéro. Les intentions d’achat se porteraient davantage sur la décoration intérieure et la rénovation de salle de bains ou de cuisine que sur les gros travaux.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale