Le ministère de la Santé a annoncé l’ouverture de 10 260 postes d’internes en médecine pour la promotion 2026, contre 8 919 l’an dernier. Cette progression de 15 %, soit 1 341 postes supplémentaires en un an, constitue la plus forte hausse jamais enregistrée d’une année sur l’autre et doit permettre, à terme, de renforcer l’accès aux soins dans les territoires les plus fragiles.
Une progression historique portée par la fin du numerus clausus
Cette augmentation est présentée comme l’un des premiers effets concrets tangibles de la suppression du numerus clausus, décidée en 2019 pour former davantage de médecins. Les premières promotions concernées par la réforme arrivent désormais au stade de l’internat, ce qui explique ce bond inédit du nombre de postes ouverts à l’issue des épreuves classantes.
Médecine générale et spécialités en tension, grandes gagnantes
La médecine générale reste la première bénéficiaire de cette hausse, avec 4 070 postes proposés (+13,3 %), soit 40 % de la cohorte totale. Plusieurs spécialités en tension progressent toutefois encore plus vite :
- Dermatologie : 130 postes (+25 %)
- Pédiatrie : 468 postes (+20,3 %)
- Gynécologie-obstétrique : 275 postes (+20,1 %)
- Médecine d’urgence : 545 postes (+19,8 %)
- Gériatrie : 212 postes (+19,8 %)
- Psychiatrie : 665 postes (+18,1 %)
Cette orientation traduit une volonté affichée de mieux couvrir les besoins liés au vieillissement de la population et à la santé mentale, deux enjeux majeurs identifiés par les autorités sanitaires. Un choix de formation qui pèsera directement sur l’offre de soins des dix prochaines années.
Les régions en tension médicale mises en priorité
La répartition territoriale des nouveaux postes favorise explicitement les régions confrontées aux plus fortes difficultés d’accès aux soins : Centre-Val de Loire (+18 %), Nouvelle-Aquitaine (+15,7 %) et Hauts-de-France (+14,7 %) figurent parmi les plus fortes progressions. L’objectif affiché est de rapprocher la formation des internes des zones où les besoins de proximité sont les plus criants, dans l’espoir que les jeunes médecins s’y installent ensuite durablement.
Ce que cela change concrètement
- Davantage de médecins formés chaque année, avec un effet visible sur l’offre de soins d’ici cinq à dix ans.
- Un rééquilibrage territorial encore progressif : l’augmentation des postes ne résout pas immédiatement les déserts médicaux existants.
- Un encadrement hospitalier et universitaire à adapter pour accueillir des cohortes plus nombreuses, un enjeu logistique souligné par plusieurs syndicats d’internes.
- Une évolution du cadre réglementaire de la formation médicale qui accompagne cette montée en puissance.
Reste que l’effet sur le terrain ne sera pas immédiat : entre l’ouverture d’un poste d’interne et l’installation d’un médecin formé, plusieurs années s’écoulent. Cette réforme s’inscrit donc dans une stratégie de long terme plutôt que dans une réponse d’urgence aux difficultés actuelles d’accès aux soins.
Questions fréquentes
Pourquoi le nombre de postes d’internes augmente-t-il autant en 2026 ?
Cette hausse de 15 % résulte principalement de la suppression du numerus clausus décidée en 2019, dont les premières cohortes élargies arrivent désormais au niveau de l’internat.
Quelles spécialités médicales sont le plus concernées par cette hausse ?
La médecine générale concentre le plus grand nombre de postes (4 070), mais la dermatologie, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique, la médecine d’urgence et la psychiatrie enregistrent les plus fortes progressions relatives.
Cette mesure va-t-elle résoudre rapidement les déserts médicaux ?
Pas immédiatement : la formation d’un interne dure plusieurs années avant qu’il ne puisse exercer, ce qui rend les effets de cette hausse visibles seulement à moyen et long terme.
Sources
Egora —
Orange Actu —
La Gazette France
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