Le Parlement a définitivement adopté, le 20 juillet 2026, une loi qui fait de la prévention cardiovasculaire une priorité nationale. Surnommé « Plan Cœur », ce texte porté par le député et cardiologue Yannick Neuder veut agir en amont, avant l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral (AVC). Son idée maîtresse : rapprocher le dépistage du quotidien des Français, notamment en confiant un rôle élargi aux pharmaciens. Voici, concrètement, ce qui va changer.
Une stratégie nationale contre les maladies cardio-neuro-vasculaires
La loi instaure une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, qui regroupent les atteintes du cœur, du cerveau et des vaisseaux. L’objectif affiché est de sensibiliser la population aux grands facteurs de risque évitables : le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée. Le texte, composé de cinq articles, prévoit aussi un rapport du gouvernement au Parlement dans un délai de trois ans, avec une analyse médico-économique des mesures engagées.
Le dépistage de l’hypertension bientôt possible en pharmacie
C’est la mesure la plus visible pour le grand public. La loi autorise désormais officiellement les pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes et étudiants en médecine à mesurer la tension artérielle, sans risque d’être accusés d’exercice illégal de la médecine. Les pharmaciens pourront jouer un rôle plus actif dans le repérage de l’hypertension, avec une prise en charge par l’Assurance maladie. L’ambition est claire : s’appuyer sur les quelque 20 000 officines réparties sur le territoire pour toucher les personnes qui consultent peu leur médecin, en particulier dans les zones où l’accès aux soins est difficile.
Un point important reste à préciser : le cadre exact de cette nouvelle mission sera défini par des décrets d’application. La mesure n’entrera donc pleinement en vigueur qu’une fois ces textes publiés.
Des rendez-vous de prévention à tous les âges
Le Plan Cœur mise aussi sur le dépistage précoce. Un rendez-vous dédié sera proposé aux enfants au cours de l’année qui suit leur sixième anniversaire, avec une attention particulière portée à l’hypercholestérolémie familiale, une anomalie héréditaire du cholestérol. Les rendez-vous de prévention déjà existants aux âges clés de la vie sont par ailleurs renforcés, avec une sensibilisation systématique aux facteurs de risque. La prévention est enfin étendue au monde scolaire et professionnel, via les services de santé au travail et les visites médicales.
Chiffres clés : pourquoi cette loi ?
Les données reprises dans les travaux parlementaires rappellent l’ampleur du problème. Selon ces chiffres :
- les maladies cardio-neuro-vasculaires seraient responsables d’environ 140 000 décès par an en France ;
- elles entraîneraient près de 1,2 million d’hospitalisations chaque année ;
- environ 17 millions de Français seraient concernés par l’hypertension artérielle, dont plusieurs millions l’ignoreraient faute de dépistage ;
- leur coût annuel est estimé entre 20 et 30 milliards d’euros.
Une large part de ces maladies est liée à des facteurs de risque sur lesquels il est possible d’agir. C’est tout le pari de la prévention : intervenir tôt pour éviter l’accident grave.
Ce qui change concrètement pour vous
- Faire vérifier sa tension deviendra plus simple, directement à la pharmacie du quartier.
- Les familles pourront bénéficier d’un dépistage dès l’enfance, autour de 6 ans.
- Les personnes éloignées du médecin, notamment dans les territoires ruraux, seront davantage repérées.
- La prise en charge par l’Assurance maladie limitera le reste à charge.
Pour suivre les prochaines étapes de cette réforme et l’ensemble de l’actualité nationale, la rubrique Santé – Médecine reviendra sur la publication des décrets attendus.
Questions fréquentes
Quand pourra-t-on faire mesurer sa tension en pharmacie ?
La loi autorise cette pratique, mais son application concrète dépend de décrets qui préciseront les conditions et les modalités de prise en charge. Le dispositif se déploiera donc progressivement après la publication de ces textes.
Qui est concerné par les nouveaux rendez-vous de prévention ?
Un rendez-vous est prévu pour les enfants autour de leur sixième anniversaire, et les rendez-vous de prévention existants aux âges clés de la vie sont renforcés pour l’ensemble de la population.
Le dépistage en pharmacie remplace-t-il le médecin ?
Non. Il s’agit d’un premier repérage destiné à orienter, si besoin, vers un médecin pour un diagnostic et une prise en charge. La consultation médicale reste la référence.