Polluants éternels : les industriels paient désormais pour leurs rejets de PFAS dans l’eau

Depuis le 1er septembre 2026, une nouvelle règle s’applique aux industriels français : chaque rejet de PFAS, ces substances chimiques surnommées « polluants éternels », dans les eaux usées déclenche désormais une redevance pollueur-payeur. Fixée par la loi du 27 février 2025 et précisée par un décret publié fin juin 2026, la mesure vise à faire contribuer financièrement les entreprises à l’origine de la contamination des cours d’eau et des nappes phréatiques.

Un principe simple, un calcul précis

Le mécanisme retenu est celui du pollueur-payeur : dès qu’une usine rejette au moins 100 grammes de PFAS par an dans le réseau des eaux, elle doit s’acquitter de 100 euros pour chaque tranche de 100 grammes déversée. Un abattement de 80 % est toutefois accordé aux sites qui s’équipent d’un système de filtration homologué, une manière d’inciter les industriels à traiter leurs effluents plutôt qu’à simplement payer pour polluer.

Plus de 200 entreprises seraient concernées par ce nouveau dispositif, principalement dans la chimie, la métallurgie et l'emballage, deux secteurs historiquement gros émetteurs de ces composés très résistants à la dégradation naturelle.

Où va l’argent collecté ?

Les sommes perçues alimentent le budget des agences de l’eau, chargées d’accompagner les collectivités locales dans la prévention et le traitement de la pollution. Ce sont elles qui financent une partie des investissements nécessaires pour adapter les stations de traitement, aujourd’hui mal équipées pour filtrer ces molécules qui persistent pendant des décennies dans l’environnement.

  • Seuil de déclenchement : 100 grammes de PFAS rejetés par an
  • Montant : 100 € par tranche de 100 grammes
  • Abattement possible : jusqu’à 80 % avec filtration homologuée
  • Entrée en vigueur : 1er septembre 2026

Un rendement encore modeste face à l’ampleur du problème

Les projections restent prudentes. L’Inspection générale des finances table sur un rendement d’environ 10 millions d’euros pour la première année, quand l’Inspection générale des affaires sociales évoque un montant plus proche de 5 millions. Un chiffre à comparer aux 2 milliards d’euros qu’exigerait, selon plusieurs études, la dépollution complète des réseaux d’eau potable contaminés en France. La mesure ne prétend donc pas résoudre le problème à elle seule : elle pose un premier jalon financier et incite surtout les industriels à réduire leurs émissions à la source plutôt qu’à en subir le coût a posteriori.

Le sujet s’inscrit dans une dynamique réglementaire plus large, entre nouvelles obligations de traçabilité sur les emballages soumis au règlement européen PPWR et multiplication des dispositifs visant à faire payer les pollueurs, à l’image du malus écologique appliqué à la fast fashion ultra éphémère depuis le même mois. Ces mesures s’ajoutent à un contexte climatique déjà tendu, alors que le bilan de l’été 2026 confirme des records de chaleur qui accentuent la pression sur les ressources en eau du pays.

Pour suivre l’ensemble des mesures qui structurent la politique environnementale française, la rubrique Écologie – Climat du site recense les principales évolutions réglementaires, tandis que la rubrique Droit et Justice détaille les textes de loi qui les encadrent.

Questions fréquentes

Qui doit payer la redevance PFAS ?

Toute entreprise dont les installations rejettent au moins 100 grammes de PFAS par an dans les eaux usées est concernée, quel que soit son secteur d’activité.

Peut-on échapper à cette redevance ?

Non, mais son montant peut être réduit de 80 % si l’industriel installe un système de filtration homologué qui limite ses rejets réels.

Cette redevance va-t-elle faire baisser la pollution aux PFAS dans l’eau du robinet ?

Elle constitue un premier levier financier, mais son rendement estimé (5 à 10 millions d’euros par an) reste très inférieur au coût de la dépollution complète des réseaux, évalué à environ 2 milliards d’euros.

Sources

France Info,
Banque des Territoires,
Paysans.fr

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Carole Dippe
Carole Dippe
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